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De quoi Facebook est-il le nom?

Society April 19th, 2017, Benjamin Hoffmann / Maître de conférences en littérature, Ohio State University

De Facebook est-il le nom? De l'avènement d'une société qui est l'image inversée de celle que le réseau social prétend promouvoir. Non pas une société de l'échange démocratique, où les individus échangeraient au sein d'une agora virtuelle des arguments opposés, mais une société où s'accentuent les antagonismes et s'accusent les différences dans une juxtaposition d'espaces cloisonnés; non pas une société du libre partage de l'information mais de l'exploitation commerciale des données que nous livrons chaque fois que nous visitons Facebook. Faut-il se détourner de ce réseau social et de tous ceux qui reprennent son paradigme?

La semaine dernière, Google, Facebook et Twitter ont promis de lutter, chacun à sa manière, contre les informations erronées, les discours haineux et autres exagérations, suite aux nombreuses critiques pointant l’impact de leurs algorithmes sur l’issue des élections présidentielles américaines. Mais ce débat, qui aurait dû avoir lieu plus tôt, laisse sans réponse de nombreuses interrogations préoccupantes.

En rupture avec le pessimisme qui imprègne beaucoup de visions de l’avenir de la presse, nous sommes aujourd’hui dans une période de bouillonnement, que l’on peut voir comme la phase de création dans un moment schumpétérien. On voit apparaître de nombreuses startups, qui ne misent plus sur la publicité mais se recentrent sur le service rendu au lecteur. Le crowdfunding a libéré des initiatives et permet des expérimentations. Brief.me, une lettre quotidienne lancée en 2014, en est une.

La vague du numérique a sévèrement secoué la presse quotidienne, qui cherche encore ses modèles d'affaires. Pour faire vivre une certaine idée du journalisme, c'est peut-être des géants du Web que viendra le salut. Outre-Atlantique, les fondateurs d'Amazon, eBay et Facebook investissent des centaines de millions de dollars, parfois à fonds perdus, pour permettre à une information libre de subsister.

Ils ont entre 15 et 34 ans. Ces « digital natives » forment la première génération d'individus ayant presque toujours vécu avec les nouvelles technologies. Ils consomment, lisent, s'informent différemment, et leurs pratiques culturelles bousculent le paysage médiatique. Entre acteurs émergents et médias traditionnels, deux modèles s'affrontent. Les derniers arrivés supplanteront-ils les plus anciens ? Quelles sont les options pour des médias traditionnels en perte de vitesse ?

La révolution en Tunisie et la chute du président égyptien Hosni Moubarak ressemblent aux bouleversements politiques observés dans le passé, sauf sur un point: le rôle clé joué par les réseaux sociaux. Facebook, en particulier, autrefois considéré comme un passe-temps high-tech pour adolescents désoeuvrés, apparaît désormais comme un outil politique de premier ordre. Pourquoi les réseaux sociaux ont-ils été si utiles aux manifestants tunisiens et égyptiens? Comment ces outils seront-ils utilisés par la suite? Vont-ils vraiment changer le monde?

La technologie GSM, précurseur dans la mesure des émotions collectives en milieu urbain, nous éclaire sur les applications sociétales et commerciales rendues possibles par la géolocalisation des communications mobiles des générations actuelles et futures.

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